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lundi 1 février 2010

Malajube-Labyrinthes

Malajube nous égare dans son labyrinthe étrange et merveilleux, un univers complexe de sonorités rock-progressives, qui sonne comme rien d'autre au Québec. Julien Mineau et sa troupe nous entraîne, encore une fois, dans des contrées musicales avant-gardistes, qu'il va falloir déchiffrer soi-même, si on veut en comprendre toute la portée. Ce troisième effort de la formation de Sorel est, à mon avis, le plus mature et le plus travaillé. Disque dédié à la mémoire du père de Mathieu Cournoyer, beaucoup plus sombre et touffu que ses prédécesseurs.

Évidement, une fois encore, la voix du chanteur et guitariste de Malajube, déconcerte. On aime ou on comprend pas, de toute façon cette voix off, c'est leur marque de commerce et ça fait parti de leur son. Personnellement, j'adore cette façon originale de chanter, de susurrer des textes à l'oreille, comme pour guider l'auditeur à travers les compositions musicales très denses du groupe. Cette voix et les textes gothiques et incantatoires qu'elle murmure pave le chemin du dédale et en décode le fonctionnement.

À la lecture du livret de l'album de Malajube, on tombe sur des paroles et des dessins illustrés par Mineau lui même. Ursuline, nous montre une vierge noire couronné de croix inversées et tenant sous sa robe des âmes déchues. Voilà une entrée en matière assez intrigante et sinistre, avec des textes comme:'' Aucun homme ni aucune religion/ Ne viendront sous ma robe / Pour brûler en enfer''...On comprend rapidement pourquoi les paroles sont savamment incrustées, voir dissimulées dans la chanson. On finit quand même par très bien les entendre après plusieurs écoutes.

Il ressort de Labyrinthes une thématique très sombre, comme de la magie noire, où il est beaucoup question de sang: sang qui se vide, lèvres qui se sèvrent de sang noir, sang cramoisi. Par contre, la musique n'est pas nécessairement là pour appuyée la noirceur des textes, certaines envolées sont plutôt joyeuses et lumineuses.



Ursuline, ma pièce préférée, commence doucement, par un doux piano pour entreprendre un rythme plus rapide à la sonorité très années 70 qui rappelle un Meddle de Pink Floyd. Chaque fois que Julien finit son couplet, le tempo change pour laisser place à de furieuses explosions de drum de l'excellent Francis Mineau, frère du chanteur. J'adore ce titre planant, avec des coeurs fantomatiques et des solos de guitare archi-progressifs.


Porté disparu, premier extrait disponible pour les radios. Un excellent titre indie-rock, plus pop et accessible, avec les textes les plus longs de l'album. Il y est question de quelqu'un qui fuit volontairement sa vie. Probablement une personne en phase terminale, qui aimerait bien qu'on la débranche: '' Mes médicaments m'empêchent de voir la magie/ Mes médicaments m'empêchent de finir ma vie''. Un titre très fort sur l'album, au tempo rapide, où Julien chante clairement et les paroles sont, pour une fois, la base de la chanson et non pas la musique.



Presque joyeux, Porté disparu est le tire qui, avec Luna, est le plus accessible et qui nous rappelle l'album précédent, Trompe l'oeil. Luna, deuxième extrait de Labyrinthes, une joyeuse ritournelle où les '' Pa pa da pa da pa da'' de Mineau, font écho à une musique légère, avec un joli piano, le tout nous fais penser à Dumas.


La suivante, Casablanca, est la plus étrange car elle oblique du tout au tout , sans transition. Le début fait penser à de la musique tropicale, avec une joyeuse ritournelle de la voix haut perchée si caractéristique de Malajube, puis, sans avertir, un clavier gothique mortuaire vient haché net ce délicat refrain. Fessant place à un crescendo de guitare et de drum enragé, presque métal.


333, probablement, à mon goût, la deuxième meilleur de l'album. Un titre très intriguant, une numérologie satanique? 666 divisé en 2 ?ou 333 qui représente la divinité par opposition à 666 qui serait le désir de l'homme de s'y superposer...Les paroles abondent en ce sens:'' On loue nos esprits, on voudrait vivre à l'infini''. Place à la musique, les paroles de Julien sont carrément déconstruites, tissées comme une texture musicale, un instrument à cordes vocales. Le clavier de Thomas Augustin et la basse de Mathieu Cournoyer sont à l'honneur. Appuyé d'un constant pilonnage de batterie avec des roulements impressionnants, véritables salves défoulatoires. 333, énergie délicate et belle poésie:'' Nos lèvres se sèvrent de sang noir''. Faut le faire au Québec, des paroles aussi personnelles et singulières!

Les collemboles, un titre que j'aime moins.Le synthétiseur me fait penser à la musique des dessins animés de ma jeunesse. Une chanson joyeuse, pleine d'énergie, à la finale épique et disjonctée où ragent les instruments sur un tempo saccadé où perce, une...flûte? Qui sait, pour la postérité, un collembole, c'est un insecte très vieux. Les Collemboles constituent (avec les Acariens) un groupe fondamental de l'écosystème du sol par leur action mécanique de microfragmentation et leur rôle biologique de saprophage( blablabla). Hérésie, plus un intermède musicale qu'une véritable chanson, marque une pose et une transition vers la très jolie balade Dragon de glace.


Cette délicieuse balade possède un charme exquis, avec ses paroles enfantines et amoureuses:'' Tu déambules devant moi sur les dunes, tu m'envahi/ Je t'en supplie, ne me laisse pas seul ici/ comme un glaçon dans la pluie''. Jolie musique, chanter vraiment cette fois, par Mineau, avec une voix traînante qui insiste sur la finale de chaques couplets. Des ''haahatatahamha'' très pop. Dragon de glace, possède la riff de guitare électrique la plus mélodieuse et accrocheuse de l'album, qui surgit de nulle part au milieu du titre.

Le tout- puissant, une autre balade toute en douceur. Un départ du genre d'Étienne d'août de l'album Trompe-l'oeil, change rapidement pour une intonation plus rapide avec des passes presque funky, qui appuient le chant très lent, comme une litanie. J'aimais mieux le départ de la chanson et ses notes de guitares aériennes, son drum minimal. Bel écrin pour la poésie des paroles:'' Laisse couler ta salive/ Laisse parler ton coeur/ Tous les gens que tu aimes/ Finiront par souffrir/ Si tu cries assez fort/ Que ta gorge explose''. La suite est plus convenue, mais reste à un niveau supérieur.
Cristobald, la dernière, un délire musicale où la voix est réduite à un lointain murmure ou gémissement étouffé, clos, avec brio et énergie cet album mature et atypique. Un ovni dans le milieu de la musique francophone du Québec. On comprend mieux pourquoi Malajube à des fans partout et qu'ils se produisent dans le monde entier. Longue vie à la musique made in Québec et aux gars de Malajubes les maîtres du labyrinthe!


Note de cinéma critique : 9/10





dimanche 31 janvier 2010

Election 2005

Le cinéma asiatique ne cesse de me surprendre, positivement, il n'a rien à envier à l'occident. Cette puissante épopée des triades, signée Johnnie To,

nous livre une analyse sobre et en huis clos, d'un monde fermé et fascinant. La caméra, introspective, vole d'un protagoniste à un autre, suivant au plus près cette lutte des pouvoirs pour le contrôle absolu de la plus vielle triade de Honk Kong. On assiste ici à un jeu subtil d'alliances, de retournement de chemise et de corruption sans pareil, d'où seul le plus fort et le plus malin sortira vainqueur; et ce en dépit du soutient des anciens de la triade. L'attention du spectateur est sans cesse sollicitée, tant le scénario est bien ficelé. Les personnages, nombreux, ont des noms impossibles et des visages indéchiffrables pour un occidental. Pour ces raisons, les sous-titres du dvd en français sont les bienvenus. Bref, un excellent polar, aux revirements multiples, qui garde en haleine jusqu'à la toute fin, choquante et déstabilisante.

Note de cinéma critique: 9/10




samedi 30 janvier 2010

Les pieds dans le vide 2009


Des fois, avoir trop de cordes à son parachute, c'est comme pas assez à son arc, on s'emmêle vite et c'est la chute libre. Comme dirait Louis-José Houde: ''on dirait 10 saisons de Watatatow d'un coup!'' Le film de Mariloup Wolfe pêche par excès, elle veut peut-être trop en mettre plein la vue. Tout y passe homosexualité, cancer, grossesse, avortement, sexe, jalousie, décès, avortement, adultère, etc...en plus du parachutisme...ouf.. Quand même, pour un premier film, notre petite Mariloup nationale démontre une certaine maîtrise. Le rythme est bon et les images sont réellement spectaculaires, notamment le base-jump de la tour de la Bourse de Montréal, moi qui aime les hauteurs, mon coeur c'est serré de vertige. On pourrait prétexter que le film serre de faire-valoir à son copain Guillaume Lemay-Thivierge, Charles dans le film, comme on le sait probablement tous ici, propriétaire de l'école de parachutisme Voltige et qu'il joue son propre rôle en quelque sorte. Les acteurs jouent juste, ce n'est pas leur prestation qui est visée mais plutôt l'inutilité de plusieurs personnages comme Ludo( Adam Kosh), qui se découvre une attirance pour les hommes, chaperonné par Raphaël(Éric Bruneau) qui joue les entremetteurs. Ce qui nous donne de longues scènes osées qui mettent franchement mal à l'aise, dans un film déjà saturé de scènes de baises, on rappelle au passage que le public cible à pas plus de 17 ans. La mère de Manu( Laurence Leboeuf) atteinte d'un cancer, attire le film vers une autre dimension dramatique, bien que très convaincante et bouleversante, grâce au talent de Laurence, cette histoire dans l'histoire n'apporte rien et s'égare dans une direction inutile. Nouveau venu pour moi, la belle gueule d'Éric Bruneau( copain de Leboeuf dans la vie) ne laisse pas indifférent, il est solide dans son rôle de jeune homme hédoniste et troublé qui fuit la réalité dans des sauts sans cesse plus extrêmes. Même si c'est sur joué et parfois un peu trop cliché, surtout dans l'attitude adolescente et rebelle des protagonistes, les personnages de Mariloup sont intéressants et typiques de jeunes en mal de sensations fortes et de vie de bohème. Guillaume Lemay-Thivierge, seule figure plus mature, est le père et le berger de ce troupeau de jeune écervelés, qui sans sa vigilance constante, ce tuerait avec joie et empressement. Malgré ses nombreuses lacunes , Wolfe nous accouche d'un premier film honnête dont les forces certaines sont les admirables prises de vues, des plans géniaux et une photo très léchée. Certainement exportable hors Québec, espéront que la critique étrangère soit aussi douce que celle déjà acquise du public québécois, très protecteur pour ses artistes. On peut faire un parallèle à Point Break, (Extrême limite) qui doit trôner fièrement dans la vidéothèque du couple Thiverge-Wolfe, parions que ce vieux film culte avec Patrick Swayze et Keanu Reeves, fût une source d'inspiration certaine, les ressemblances sont nombreuses.


Note de cinéma critique: 6/10

vendredi 29 janvier 2010

Into the Wild 2007


Wow, toute une aventure, pleine d'émotions et de rencontres inestimables avec des humains connectés avec la vie dans ce qu'elle a de vraie. Le genre de film qui donne envie de tout balancer et de prendre la route vers cette quête spirituelle d'une destinée plus adaptée avec notre vraie nature. Pour certains, cette époque, cette société, sonne vraiment faux, une petite voix à l'intérieur nous dis que l'on passe à côté de quelque chose que l'on agit comme des zombies, esclaves de l'argent et de notre boulimie de consommation. Ce film expose une certaine utopie irréaliste, à savoir que l'homme moderne peut faire communion complète avec la nature sans aide extérieure et sans compagnie. L'être humain est un animal social qui finit tôt ou tard par ressentir le besoin d'une présence amie, constatation tardive pour notre protagoniste qui finit par grandir émotionnellement. Une mention spéciale à Emile Hirsch qui campe vraiment bien le vrai Alexander Supertramp avec une ressemblance physique marquée, une bouille sympathique à retenir. Un beau film qui donne envie de traverser les fabuleux paysages des États-Unis et d'aller à la rencontre de ses habitants.



Note de cinéma critique: 9/10

jeudi 28 janvier 2010

Interpol-Turn on the Bright Lights 2002

Interpol, c'est l'Organisation Internationale de Police Criminelle et aussi le nom d'un de mes bands préférés, adulé et chéri d'entre tous. Turn on the Bright Lights, sortie il y a un petit moment déjà, est le neck plus ultra, la mecque bénie des albums d'Indie rock, à mon humble avis. Possiblement le meilleur dans sa catégorie pour 2002, il fut un succès public et critique fulgurant. Interpol est un groupe de rock américain formé en 1998 à New York par Daniel Kessler et Greg Dudy. Kessler l'excellent guitariste, secondé de Paul Banks, l'âme du groupe, grâce à sa voix grave et pleine et ses textes poétiques. Souvent désignés comme la tête de file d'un certain revival cold wave, Interpol nie néanmoins toute influence de Joy Division sur sa musique, préférant citer The Cure, The Mars Volta ou Franck Black comme modèles. Personnellement, je ne suis en rien musicien, je trouve que la basse de Carlos Dangler est la principale trame de la musique d'Interpol, comme si la guitare n'est là que pour l'appuyée, je trouve la ligne de basse plus compliquée que celle de la guitare qui est simple et répétitive. À la première écoute d'Interpol je suis resté indifférent. Des amis mon invités à voir un spectacle en plein air le festival Osheaga, édition 2007 à Montréal, où les Smashing Pumpkins, M.I.A, Bloc Party et Interpol était quelques unes des têtes d'affiche. Après un petit spliff, la musique c'est lentement inséminée dans ma tête et mes tripes et n'est jamais plus ressortie. Turn on the Bright Lights, est selon moi, leur album le plus aboutie, l'ensemble est cohérent et se décode lentement. Les paroles obscures et la musique lancinante envahie progressivement les neurones en y créant une dépendance. Cette mélopée n'est en rien joyeuse, certe elle à du rythme mais elle transmet une atmosphère noire et mélancolique. Les meilleurs titres d'un album presque parfait sont pour ma part: Obstacle 1, celle qui bouge le plus, avec une riffe de basse pas possible, la suite, Obstacle 2, y fait écho à la perfection avec des textes ma foi légers:“I feel like love is in the kitchen with a culinary eye / I think he’s making something special / And I’m smart enough to try / If you don’t trust yourself for at least one minute each day / Well you should trust in this girl, ‘cuz loving is coming our way.” pourtant la musique est lourde et saccadée. Dans Stella Was a Diver and She Was Always Down, on dirait qu'une armée de guitares compose une cacophonie mélodieuse et lancinate, avec ses paroles répétitives comme un hymne : ''she broke away", ''broke away" , "Stella, oh Stella, Stella, I love you," c'est la perfection, avec un son qui rapelle les pixies. Le reste de l'album est génial avec des moments forts comme Leif Erikson, la pièce finale, l'intro et NYC, tout s'imbrique parfaitement si bien qu'on aborde l'ensemble comme une unité. Un album inoubliable qui vous hantera pour longtemps, dont les ritournelles se gravent pour toujours, droit au coeur, comme un tatouage musicale.
9/10




mercredi 27 janvier 2010

Critique de The children 2008


Cette fois, c'est de Grande-Bretagne que nous provient la nouvelle perle du cinéma d'horreur: The children, un film très aboutit du réalisateur Tom Shankland. Un heureux réveillon en famille, dans une somptueuse demeure de campagne isolée, va devenir peu à peu un cauchemars grotesque quand un mal mystérieux métamorphosera d'adorables enfants en affreuses petites crapules sanguinaires. La force indéniable de ce film repose dans l'admirable utilisation du son, des bruits et de la musique ainsi que dans la maîtrise de la caméra, qui nous offre des plans inusités et inquiétants de choses normales comme un sous-bois ou un parterre de neige, qui deviennent des éléments sournois ou se tapissent des forces obscures en attente d'un signal. Je trouve que ce genre de films d'ambiance, dignes successeurs de The Shinning, installent un sous genre à l'horreur proprement dite, comme les excellents Left Bank, The orphan ou Let the right one in, qui procurent des sensations plus subtiles que la simple peur ou le dégoût. On nage en pleine tension et en territoire interdit dans le film de Shankland, qui nous aurait prévenu il y a quelques années qu'on assisterait à des meurtres perpétués par des enfants ou sur des enfants. Maintenant même ce tabou est tombé et il ne faut pas croire que des enfants, aux allures angéliques, ne constitueront pas une menace plausible pour des adultes bien portants. J'aime bien le coup d'envoi du film, où le malaise plane, on peut sentir que quelque chose trouble la maison et que les petits se comportent étrangement. Le film prend son envol lorsqu'un accident étrange coûte la vie d'un des deux pères de famille. Les scènes gores sont peu nombreuses, partiellement censurées mais toutes très efficaces, on détourne le regard, ça fait mal! Par contre, une fois encore, il faudra se servir de son imagination, car la finale déconcerte et laisse place aux interprétations; avis aux amateurs de films clairs et limpides, ici vous serrez déçu par le manque d'explications, du pourquoi du comment. Les jeunes sont les vedettes et sans leurs performances le reste ne tient pas la route, heureusement ils sont bien dirigés et leur mimiques de possédés hagards, assez convaincantes. Les 4 adultes et l'adolescente Casey s'en tirent moins bien, en fait Casey(Hannah Tointon) en jeune gothique incomprise est stéréotypée, c'est l'ado classique qui rechigne à venir fêter Noël avec sa famille ou garder les plus jeunes, de plus elle semble avoir le béguin pour son oncle. Celui qui m'a fait décrocher un peu, c'est le beau-père de Casey (Stephen Campbell Moore) qui semble ne ressentir absolument rien quand son ami meure sous ses yeux, que ses enfants se changent en tueurs et que sa femme est en danger, bravo pour l'émotion et le langage corporel à chier! Dans l'ensemble, un honnête petit divertissement pour les amateurs du genre, qui n'ont pas trop froid aux yeux. Personnes sensibles s'abstenir!


Note finale de cinéma critique: 7/10

mardi 26 janvier 2010

Sin Nombre 2009


Sin Nombre, premier long métrage du jeune réalisateur Cary Fukunaga,
né d'un père japonais et d'une mère suédoise, Fukunaga est un globe trotter qui a vécu en France, au Japon et au Mexique. Gael Garcia Bernal est le directeur exécutif du film et a aidé à le parrainer. En langue espagnole avec sous-titres et sans têtes d'affiches, Sin Nombre c'est quand même vu attribué des prix au festival de Deauville 2009 et Sundance ce qui n'est pas rien. Sin Nombre nous montre une Amérique centrale authentique, violente et cruelle mais aussi sublime de beauté de chaleur humaine et riche d'un tissu familiale qui agit comme un rempart contre la misère humaine. Nous suivons ici les destins tragiques et entrecroisés d'une famille hondurienne, dont la fille, Sayra, vient de renouer avec son père, qui caresse l'espoir utopique de traverser l'Amérique centrale illégalement, en train jusqu'au New Jersey, où d'autres membres de leur famille sont installés. Ils bivouaqueront dans une gare de triage au Mexique où Sayra fera la rencontre de Willy dit Casper un membre en exil de la sanguinaire Mara Salvatrucha
qui le recherche pour le tuer. À mi chemin entre le film de gang, dans la même veine que la Cité de Dieu, et le road movie avec ses paysages sensationnels et ses destinées individuelles qui rappelle un peu Carnet de voyage
, Sin nombre établit son ton. Parfois avec une agressivité brutale qui désarçonne, dureté graphique des gangs et leurs rites initiatiques qui n'épargnent même pas les prépubères. Au milieu de tout cette pauvreté et souffrance insupportable, il y a l'espoir et l'amour, celui d'une famille pour un destin meilleur, d'un gang pour ses membres, d'un père et d'une fille et d'un mareros au coeur tendre pour une jeune fille égarée.
Jamais filmé avec mélodramatique, le film de Fukunaga ne jette pas la pierre et ne dénonce rien, il montre avec sincérité ce qu'il à vu lui même lors de son exploration du Mexique sur les pas des réfugiés. Sin Nombre est un film cru et rapide qui prend le pouls au vol de gens aux abois, pourchassés par des destins funestes dont l'issu n'est jamais certaine. Les acteurs sont si authentiques qu'ils semblent participer à un documentaire sur leur propre quotidien, tous excellents, mention spéciale au tout jeune comédien qui interprète un mareros en formation dont l'innocence s'envole comme la virginité d'une jeune fille violée. J'ai adoré ce film qui montre une réalité si dure qu'elle est inimaginable aux bien nantis et qui devrait tous nous intimé un respect pour l'étranger sans papiers qui vient ce réfugier chez nous en provenance de l'enfer.
Note de cinéma critique:8/10

lundi 25 janvier 2010

Taken 2008

J'ai vu ce film-là mille fois, il portait d'autres titres et avait d'autres acteurs mais au fond c'était le même film: True Lie, Jack Bower, James Bond, Jason Born, au fond c'est juste des prétexte pour tout casser. On change 2-3 trucs, on saupoudre un peu de poursuites de voitures par-ci quelques pauvresses en détresse par là et le tour est joué, passez au guichet:'' y'a d'l'action, c'est bon!'' Ici, c'est ce pauvre Liam Nelson, dont la carrière semble s'écrasée vers des rôles de plus en plus médiocres, qui joue le ''one-man army'', tu sais, le gars qui a l'air de rien, mais provoque le pas parce que c'est LE PRO! Tu peux passer la séance aux toilettes, t'a rien manqué: quand ça part, c'est toujours la même affaire. Comme un combat de lutte prévu d'avance. Coup dur déclencheur, suivit de ripostes cinglantes, rechutes temporaires, finale dynamite et happy end hollywood. Pis la pauvre fille à sa maman devrait éviter de s'éloigner de sa maison de luxe et de son cheval d'anniversaire pour aller courir la galipotte en France ( papa l'avait prévenu, à 17 ans ma fille, tu vas pas te balader toute seule en Europe)
Papa avait raison, à peine sortit de l'aéroport elle est kidnappée... On! Manque de bol, une chance que papy-rambo
est là pour tuer tous les méchants, sans se faire blesser une fois ( c'est LE PRO) Il y a une réalité dans la traite des femmes en Europe mais grâce à ce film bâclé, le sujet devient une mascarade prévisible. Note finale de cinéma critique, un maigre: 5/10

dimanche 24 janvier 2010

OSS 117: Rio ne répond plus 2009



Ouais, avec un pareil décor, Rio est magnifique, force est de constater qu'un beau décor et une reconstitution historique très juste, on dirait un James Bond vintage avec Connery, ne suffisent pas à mettre de la chair sur l'os de cette comédie maigrichonne. Jean Dujardin, ce gars est crevant, c'est comme de la poudre à gratter faut juste lui mettre des répliques qui lui font honneur, ses binettes tordues ne font pas tenir le film à elles seules! J'ai quand même ri, c'est parfois navrant mais quelques fois ça fait mouche, dans l'ensemble plus de sourires que de fous rires, pour parodier Bond là franchement c'est impeccable, ce que j'ai moins aimé c'est les nazis plutôt imbéciles et déplacés à Rio. Certaines péripéties sont répétitives et les gags repris parfois trois fois deviennent redondants. Les filles sont jolies et bien vêtues, cette époque était craquante pour les tenues sexy, très Bond girl, jolies robes ou minis jupes et bottes à talons, la grande classe , hélas pour notre héros sa dulcinée devait être dans sa période, car sa moue rébarbative ne la quittera guère du film. C'est peut-être à cause des commentaires franchement sexistes et antisémites rarement aussi cinglants et permissifs dans une comédie, espérons que tous comprendront le second degré. L'accent français quelques fois à couper au couteau, qui habituellement n'affecte en rien ma compréhension, m'a fait rater quelques blagues mais que voulez vous, l'inverse est réciproque! Bon je me rappelle plus le premier, mais je crois que c'était plus efficace, un divertissement léger qui aurait pu être bien mieux. Note de cinéma critique:6/10

vendredi 22 janvier 2010

Beowulf and Grendel 2005

Ce film manque d'un scénario bien ficelé, de dialogues intéressants et drôles, manque d'envergure et de la magie d'un conte. La bestiole qui est sensée être un troll enragé et cruel, imbattable, n'est qu'un pauvre géant pitoyable. On reconnaît la même gagne d'acteurs qui passent d'un film médiévale à un autre, on dirait qu'ils ne se rasent jamais. Gerard Butler n'a pas de prestance c'est juste un beau gosse sans talent. Les films médiévales d'aujourd'hui manque de fantastique et de magie les réalisateurs des années 70 et 80 concevaient des fables d'époque avec des moyens limités mais une bonne dose d'imagination et de débrouillardise et le résultat était bien meilleur: Légende, Excalibur, Conan le barbare, le dragon du lac de feu, Éric le vicking, l'épée sauvage, highlander, lady hawk, the name of the rose, robin des bois, willow sont tous des films magiques réalisés avec des moyens moindres et beaucoup plus d'intelligence. Je ne donne pas moins que 4 parce que les paysages sont très beaux et le réalisme du film respecté mais la magie du conte scandinave est absente. Note de cinéma critique:4/10