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dimanche 14 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles, 2010

Alice au Pays des Merveilles, enfin quelqu'un s'est décidé à dépoussiérer cette fable envoûtante qui à bercée ma jeunesse! Que ce soit à travers des livres de Charles Lutwidge Dodgson ( Lewis Carroll, son pseudo), ou du magnifique dessin animé d'animation nippo-allemand de 52 épisodes diffusé à radio-canada, le pays des merveilles a toujours été pour moi un sacré échappatoire. Malgré tout, un jour, il faut arrêter de faire l'autruche, la tête dans un terrier de lapin et affronter la dure réalité. Est-ce que le maestro Burton est parvenu à faire revivre toute la magie de cet univers de cinglé? En tout cas, il est venu bien près de faire un petit chef-d'oeuvre mais sa vision personnelle manque cruellement de champignons magiques!



Nous voici en face d'une adaptation libre, qui respecte l'imagerie des deux livres de Carroll soit: ''Alice au pays des merveilles'' et ''De l'autre côté du miroir'', parus vers 1865. Évidement, le conte a subit une légère cure de jeunesse, bien que pour l'époque ces livres étaient assez contestataires et osés, en ce sens qu'ils étaient dénonciateurs d'une Angleterre extrêmement rigide et puritaine. C'est l'une des histoires pour enfants les plus appréciées et lues de tout les temps. Maintenant âgée de 19 ans, Alice (Mia Wasikowska) retourne dans l'univers saugrenu du pays des merveilles, pays dont elle avait fait la découverte lorsqu'elle n'était encore qu'une fillette et retrouve ainsi ses amis d'enfance: le Lapin Blanc, Tweedledee et Tweedledum, le Loir, la Chenille, le Chat de Cheshire et bien entendu, le Chapelier Fou (Johnny Depp). Elle se lance alors dans une incroyable aventure à la recherche de sa véritable destinée et dans le but aussi de mettre fin, une fois pour toute, au règne de terreur de la Reine de Coeur.


Tim Burton est le pape gothique et macabre d'hollywood, son oeuvre est marquante et inoubliable, son génie est incontestable mais sied-il vraiment à un univers coloré et onirique qui est fait pour émerveiller et dérouter. C'est contestable, oui parce que cette histoire, sans queue ni tête, régit par la loi de l'absurde, convient parfaitement à la direction du réalisateur de ''Beetlejuice''. Il a un don pour inventer des personnages marginaux et complexes, il manie le fantastique et flirte avec l'horreur, sans jamais tombé dans l'outrancier et garde toujours une petite touche comique et cynique, qui sont devenue sa marque de commerce. Cependant, Alice est un conte pour enfants, grands et petits, qui doit susciter l'émerveillement et dépayser, maître burton, plus proche d'un Edgar Allan Poe que d'un Disney, nous dépeint un tableau dans des teintes sombres et un peu fades. ''Wonderland'' est devenu ''Underland'', et la petite Alice retrouve son monde imaginaire ravagé et désertique, comme après une guerre foudroyante, la magie et la beauté persiste mais on sent qu'un drame les a atténuées. Décidément, la 3d n'a pas fini de faire parler d'elle, depuis la folie ''Avatar'' le monde du divertissement a changé et le fait d'offrir un film avec ou sans la 3d, influence l'audimat. Cette fois-ci, laissez donc vos lunettes au vestiaire. Tim Burton n'a pas suivi les conseils du pédant monsieur Cameron, il en a fait qu'à sa tête et à tourné son film de façon conventionnelle, rajoutant les effets tridimensionnels par la suite. Le résultat est peu concluant, dès les premières scènes du film, on a une impression de décors en carton, de personnages en surimpression sur un fond unidimensionnel. Certains effets cartonnent plus, comme le sympathique chat de Cheshire qui s'étire, disparaît et flotte littéralement sous nos yeux. Oublions le 3d et revenons à notre bon vieux cinéma bidimensionnel. Si l'esthétisme du film est presque impeccable, les effets d'ordinateur, eux, se font parfois un peut trop sentir. Depuis qu'on l'utilise, l'image de synthèse, meuble 80% de ce genre de films, comme si les décors naturels et les maquettes étaient d'une époque révolue. Malgré tout, avouons qu'aujourd'hui, grâce à cette technologie, on arrive à représenter des univers extraordinaires ce qui était impossible autrefois. On a qu'à penser au ''Seigneur des anneaux'' ou ''Harry Potter''. Le scénario, signé Linda Woolverton ( la Belle et la Bête, Mulan, le Roi Lion ), implique le concept de lutte du bien contre le mal, reine rouge( mal) reine blanche ( bien). Un idéal typipe aux oeuvres de Disney mais étrangé à l'univers de Carroll. Dans les romans, notre héroïne vit des aventures étranges et féeriques mais ne courent jamais de dangers physiques, ni n'a de quêtes linéaires à remplir, puisque ce monde n'a pas de lois ni de buts en soi. Cette adaptation dénature la création originale qui devient plus proche des ''Chroniques de Narnia'' où dès son arrivé au pays des merveilles, Alice se voit confier une quête urgente et doit triompher de la méchante reine de coeur. Serait-elle tombée dans le mauvais trou? On sent que Burton s'est censuré et semble se dégonfler pour respecter les standards de Walt Disney et plaire au grand public et aux jeunes enfants. Reste que c'est diablement divertissant et épique, même s'il manque une touche d'âme et de personnalité qui en aurait fait un chef-d'oeuvre.

Les acteurs se sont littéralement appropriés le film, on sent une implication personnelle hors du commun. Johnny Depp et Helena Bonham Carter ( épouse de Burton), respectivement en Chapelier fou et Reine de coeur, nous prouvent qu'ils étaient fans des romans de Lewis Carroll et c'est un vibrant hommage qu'il nous livrent par le biais de prestations décoiffantes. Mention spéciale à Bonham Carter, une reine de coeur absolument comique, redoutable et à la fois pathétique, aidée par un maquillage et des effets spéciaux habiles,ont lui à confectionné une tête énorme de circonstances. Johnny Depp donne dans la démesure, méconnaissable sous un déguisement qui rappelle Willy Wonka de ''Charlie et la chocolaterie'' ( de Burton). Ses grands yeux, l'un dilaté et l'autre non, qui font miroiter une folie manifeste, fou comme un chapelier disait-on autrefois. Ces deux personnages rendent justice au monde éclaté de ''Wonderland'', excentriques et attachants, leur folie est contagieuse. On ne peut pas en dire autant de la Reine Blanche ( Anne Hathaway ), fade et insipide comme sa tenue blanc immaculée. Alice (Mia Wasikowska) nous livre une prestation correcte mais son personnage semble rigide et sans profondeur, peu encline à rêver et rire, c'est une fonceuse, peu attachante. On remarquera le valet de coeur, interprété par Crispin Glover , juché sur des échasses, (son personnage à une physionomie pour le moins élancée) qui donne une excellente réplique à madame Burton. Tout le bestiaire, ou presque, il manque Humpty Dumpty, y passe: le Lapin Blanc ( pas assez exploité) , Tweedledee et Tweedledum (pas très drôle), le Loir (réussi), la Chenille( bâclée, pour un personnage si important!), le Chat de Cheshire (suave). Les interprétations sont très inégales et l'humour presque absent. J'ai trouvé le ton des voix bizarrement monocordes, sans intonations, toujours débité avec douceur et nonchalance, peut-être est-ce la version française?

Alice aux pays des merveilles est quand même un bon divertissement au visuel somptueux, bien que trop glauque par moment. Tim Burton signe encore une fois une oeuvre mémorable, on est loin de ses belles années qui ont vu naître les excellents ''Ed Wood'' et ''Edward aux mains d'argent'', mais son cinéma est au-dessus de la norme et reste rafraîchissant. Cet ''Alice aux Pays des Merveilles'', aurait pu être plus décapant et les dialogues plus tordus et jouissifs, malgré tout c'est la meilleure adaptation en date de l'oeuvre de Carroll.


Tout de même excellent! Cinéma Critique lui donne un 8/10 mérité!


4 commentaires:

Al Capitaine a dit…

Ce film n'est pas encore sorti chez nous..... mais avec l'option cinéma au lycée, nous allons aller le voir au mois d'avril au cinéma, donc oui, je t'en dirais ce que j'en ai pensé..... @++ Al' Câpitaine

vincent a dit…

Ok je croyais que cétait une sortie universelle, j'ai pas finit ma critique AL! pas encore corrigé ni illustré lol...c'est bourré de fautes...attend dans 10 minutes la version finale:)

virginie a dit…

Bonjour,

Je souhaiterais prendre contact avec l'auteur de ce blog, pourriez-vous me contacter à l'adresse suivante : virginie [@] tribeca.fr ?

Merci :)

Virginie

vincent a dit…

Bonjour Virginie les messages sont faits pour ça sinon j'ai cette adresse mail: vinnyghaplo25@hotmail.com, A+