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lundi 5 avril 2010

Clones, 2009

Nous voici devant un film de ''fast-food'' cinématographique comme Hollywood les aime : rapide, simplet et payant. Une autre histoire d'avatar de l'homme, cet être humain qui semble se diriger, à toute allure, vers un futur où vivre sa propre vie, en chair et en os, devient obsolète. Le grand écrivain de science-fiction, Isaac Asimov, décrivait déjà ce mode de vie agoraphobe, dans les années 50, avec son excellente saga: ''le cycle des Robots'', qui a inspirée ''I, robot'' (2003), d'Alex Proyas. À l'instar du film de Proyas, ce ''Clones'' de Jonathan Mostow ( terminator 3 ), met en scène des robots, guidés à distance par des humains et non des clones, doubles génétiques en tissus biologiques, le titre en anglais ''Surrogates'' est plus approprié.



''Clones'' est un film de science-fiction, d'après les personnages de la bande-dessinée: ''The Surrogates'' créés par Robert Venditti et Brett Weldele. Dans un futur rapproché, les gens vivent leur vie à distance, dans la sécurité de leur foyer, grâce à des clones robotisés. Représentations idéalisées, réalistes ou fantaisistes d'eux-mêmes. C'est un monde idéal, en apparence, où la peur, la douleur, les activités criminelles et leurs conséquences n'existent pas. Quand le premier meurtre à survenir depuis plusieurs années vient ébranler la paix, l'agent Greer du FBI (Bruce Willis) découvre alors qu'une conspiration se cache derrière le phénomène du clonage et doit donc, au péril de sa vie, abandonner son propre clone afin d'élucider le mystère.



Le sujet est quand même d'actualité, à la vitesse inouïe avec laquelle progresse la technologie en ce 21ème siècle, il semble que les innovations tendent à isoler les êtres humains les uns des autres, tout en les rapprochant, plus que jamais, virtuellement. Je suis friand de science-fiction quand celle-ci reflète un avenir possible et crédible. Ce film, trop court (1h28), manque de développements, peu d'éclaircissements sur les clones robotiques, pas de survol planétaire; est-ce que le tiers-monde a les moyens de se payer ce genre d'innovation? Une réalité unilatérale, qui montre uniquement, encore une fois, le mode de vie de la classe moyenne supérieure américaine d'un côté et les pauvres et crasseux contestataires dans leur ghetto, de l'autre. De nombreuses invraisemblances : le reste de la technologie humaine semble dépassée et figée; comme si elle n'avait pas suivi le même chemin évolutif que ces clones parfaits. Il n'est pas fait mention, non plus, du prix de telles unitées qui devraient être le lot exclusif des très bien nantis. De plus, quel serait donc l'intérêt de posséder un double s'il ne s'acquitte pas de la sale besogne et du travail à notre place? En effet, ces androïdes doivent être contrôlés en tout temps, ce qui ne laisse pas leurs propriétaires libres de faire ce qu'ils veulent! Le film oscille entre l'action et la lenteur mais pas une lenteur introspective du genre ''Blade Runner'', une lenteur ennuyeuse où un couple en perte de vitesse, tente d'éviter la douleur de la perte d'un enfant en se réfugiant dans cette technologie qui les éloignent de la prise de conscience et des remises en question. Une morale prévisible, qui n'émeu qu'à moitié, sur les dangers des dérives scientifiques, qui peuvent nous isoler de notre vraie nature. De toute façon, qui rêverait d'abandonner une merveille absolue comme le corps humain pour revêtir une enveloppe cybernétique, pâle copie de son modèle original? Infirmes et malades peut-être...? Si l'esthétisme du film est réussie et les effets spéciaux à la hauteur, cet univers de demain peine à convaincre de sa crédibilité. À travers une enquête qui ne lève pas et des scènes d'actions mollassonnes, le film de Jonathan Mostow se cherche une identité et nous, une raison de rester accroché.




Bruce Willis est décidément en perte de vitesse et ce film ne l'aidera pas à reprendre de l'altitude. Ce n'est pas les traits lisses et sans émotion de son double robotique qui nous le rendront plus attachant, ni son histoire d'amour pathétique avec sa femme. On aurait voulu des ''flashs-backs'' de sa vie passée qui auraient aidé à la compréhension de son drame conjugal; une mise en contexte et plus d'élaborations sur la perte de son fils. Le bon vieux Bruce: humain, banal et dur à cuire avec une répartie assassine, comme dans ''Die Hard'', nous aurait suffit. Sa femme Maggie (Rosamund Pike) , femme fatale idéalisée et épouse parfaite, grâce à son robot, elle vie coupée de ses émotions, dans un simulacre de réalité en compagnie d'autres clones qui semblent se complaire dans la luxure et l'inaction. Elle fuit sa vraie nature à l'aide de pilules et d'une immersion complète dans sa double vie. Interprétation correcte, qui, à cause du personnage, ne laisse pas grand place aux nuances et au talent de l'acteur. Il en va de même pour les autres : l'agent Peters( Radha Mitchell), le docteur Lionel Canter (James Cromwell) ou encore le chef des anti-clones, le prophète ( Ving Rhames), tous sans profondeur, mal dégrossis, des personnages secondaires sans saveur.




Jonathan Mostow, détenait une matière fascinante pour son film: les questions éthiques inhérentes aux réalités virtuelles, au clonage ou même à la robotique sont nombreuses et riches en débats sulfureux potentiels. Il se contente de livrer un produit moyen, expéditif et linéaire, sans rentrer dans les véritables enjeux qui l'auraient engagés dans un processus de réflexion sans doute trop exigeant et peu commercial. Bref, ''Clones'' est relégué au rang des ''séries b'',vite ingurgitées et digérées et aussitôt oubliées.



Cinéma Critique à longuement réfléchi et hésité entre passable et moyen: un 6/10, un peu sévère!

4 commentaires:

Al Capitaine a dit…

Décudément, je suis de plus en plus largé avec les films d'actu.......................... j'en ai beaucoup entendu parler de ce film mais ne l'ai pas vu. A très bientôt! Al'

Al Capitaine a dit…

"décidément", a quoi bon s'acharner sur mes fautes d'orthographe.... sans ça j'ai bien aimé cette critique pleine de référence!!! ;-).

vincent a dit…

Tant fait pas pour les fautes j'en fais des tas et ça me prend du temps me corriger. Comme je travaille manuellement dans la construction le français écrit est loin. J'écoute tellement de films j'ai jamais le temps d'écrire de longues critiques pour chacun j'y passerais ma vie! Depuis que j'ai partit ce petit blog j'écoute moins de film car je suis trop paresseux pour me tapper les heures de rédaction mais trop perfectionniste pour en laisser passé ... pourtant je suis au moins 15 films en retard lol:)

Marine # a dit…

Je voudrais savoir comment écrire une bonne critique cinéma c'est à dire à prpops de quels points essentiels devant nous parler ?
Merci pour votre réponse :)